Dimanche de Carême C

Dimanche 16 mars 2025

(Gn 15, 5-12.17-18 ; Ps 26 (27) ; Ph 3, 174, 1 ; Lc 9, 28b-36)

Partages d’Évangile des missionnaires

Le deuxième dimanche du temps de carême est souvent appelé le dimanche de la transfiguration, car tous les ans la liturgie donne à réfléchir en ce jour sur le texte de la transfiguration du Seigneur. Pour l’année C, c’est Luc qui nous présente cet épisode ô combien marquant de la vie de Jésus. L’une des particularités de Luc, c’est la mention de "la gloire de Jésus", cette gloire reçue du Père et à laquelle nous sommes tous invités comme chrétiens, et comme humains tout court. Notre réflexion nous mènera à la découverte du sens de la transfiguration du Christ pour nous aujourd’hui.

La première lecture nous rappelle l’alliance conclue entre Dieu et Abraham. Justifié par sa foi, Abraham reçoit de Dieu la promesse d’un pays pour ses descendants dans la foi. Nous, qui croyons en Dieu par son Fils Jésus-Christ aujourd’hui, sommes les descendants d’Abraham. Nous sommes donc à la fois les héritiers et les bénéficiaires de cette promesse, puisque Dieu nous ouvre déjà les portes de son paradis avec la venue de son Fils Bien-Aimé dans le monde, et nous devons faire le passage de ce monde au ciel, le pays de Dieu. Mais que faire ? Comment faire ?

Pour entrer dans la gloire de Dieu, nous devons lui ressembler. Et c’est dans le visage de Jésus que nous découvrons la face de Dieu. Donc, nous devons ressembler à Jésus. Mais pour ce faire, il nous faut l’écouter. La voix a retenti dans la nuée : "Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le". Moïse et Élie sont apparus dans la gloire, parce qu’ils ont vécu dans l’écoute de la Parole de Dieu, ils ont fait la volonté de Dieu ; et Dieu les fait participer à sa gloire.

Prenons-nous le temps d’écouter la voix de Jésus dans notre vie aujourd’hui ? Parfois, nous ne faisons pas assez silence et le chaos du quotidien nous empêche de l’écouter, d’autres fois nous choisissons librement de l’ignorer à la recherche de notre propre voie, notre gloire. Et si nous regardons le visage de notre monde, il ne reflète pas la beauté de Dieu.

Les images des enfants qui meurent de faim, de ces personnes tuées à la guerre, de ces villes détruites, de ces familles divisées, de ces personnes kidnappées ou tuées, quelle laideur ! Les blessures dues à ces amitiés trahies, à ces fausses promesses, à ces mensonges crasses, quelle répugnance ! La haine nous dénature, la jalousie nous salit et la folie du pouvoir et de l’avoir nous rend méconnaissables. Nous ne pouvons pas continuer ainsi, nous devons retrouver notre visage d’avant, notre beauté, notre dignité. Que faire ?

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte à ne pas mettre notre gloire dans ce qui fait notre honte. Il nous invite à chercher à entrer dans la gloire de Dieu. C’est le Christ lui-même "qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux". Donc, laissons-nous transfigurer par le Christ.

Laissons-nous transfigurer par l’amour du Christ, par sa paix, par sa miséricorde. Si nous vivons dans l’amour véritable, nous aurons un tout autre visage et nous resplendirons aux yeux du monde. Et nous pourrons commencer par goûter, dès ici-bas, à sa gloire.

Que Jésus transfiguré nous éclaire sur le chemin du ciel.

Que la lumière de sa parole nous guide et que son amour nous transfigure et nous fasse rentrer dans sa gloire, celle qu’il partage avec le Père et le Saint-Esprit. Amen.

Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm