Journées de Missions - BASILIQUE SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT

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Journées de Missions

Montfort > Sa Vie
Activités pendant les journées de missions

Au début du XVIIIe siècle, une mission paroissiale était un grand événement.
Les missionnaires arrivaient comme une petite armée.
C'était, pendant un mois, la mobilisation générale des âmes.
 
Il y a trois catégories principales des diverses pratiques employées par le Père de Montfort :
1. Instruire les fidèles de la doctrine surnaturelle par :
→ le chant des cantiques,
→ les conférences,
→ le catéchisme,
→ l'explication des mystères,
→ les prières
→ les confessions.

Montfort, prédicateur :
En chaire, saint Louis-Marie de Montfort n'avait qu'un but : toucher et convertir les âmes; tout le reste lui était indifférent.
Dès les débuts de son ministère, il écrit, en toute simplicité, à son directeur :
« Le grand Dieu... que je sers m'a donné, depuis que je suis ici (à Poitiers), des lumières dans l'esprit, que je n'avais pas, une grande facilité pour m'énoncer et parler sur-le-champ, sans préparation... C'est ce qui m'attire l'applaudissement de toute la ville; ce qui doit bien me faire craindre pour mon salut» (Lettre à M. Leschassier, 4 juillet 1702).
Ce partage est soutenu par Grandet:
« Il fit aussi plusieurs autres missions et retraites pour préparer les peuples à la mort, en différents endroits de la ville: savoir, dans les paroisses de Sainte Radegonde, de la Résurrection, de S. Saturnin, à Ste Catherine, aux Pénitentes, au Calvaire, qui eurent toutes un succès prodigieux. Les peuples le suivaient en foule, et étaient tellement pénétrés de ses discours qu'ils fondaient en larmes, éclataient en soupirs et en sanglots, criant à haute voix miséricorde. Il s'était tellement rendu le maître de leurs cœurs qu'ils eussent été prêts à le suivre jusqu'à l'autre bout du monde, s'il avait voulu les y conduire » (Grandet, p. 80).
Le témoignage du P. Vincent, Capucin:
« Je croyais voir un ange, entendant parler M. de Montfort : son visage enflammé découvrait par ses rayons son amour embrasé; sa langue n'était que l'écho de ce que le Saint-Esprit disait à son cœur ; sa voix, ses gestes, son extérieur se sentaient de l'union qu'il avait avec le bon Dieu présent, et disaient que c'était Jésus-Christ lui-même qui parlait par sa bouche » (Blain, § LXXI).
Sa créativité dans le ministère de la prédication:
« Il ne reculait devant aucun moyen qu'il jugeait utile au bien des âmes.
√ Il monte en chaire, ne dit mot, mais montre son crucifix et le regarde avec une intensité d'amour qui arrache les larmes ;
√ il se jette à genoux au milieu d'une église et commence sa méditation ;
√ il prêche en plein air, sous les halles, au pied des arbres, et, s'il faut, dans les arbres ;
√ il affronte les cabarets, pénètre jusque dans les lieux de péché pour exercer son apostolat» (Le Crom).

Montfort, confesseur :
La conversion du pécheur s'achevait au confessionnal. Inlassablement, le bon Père s'adonnait à ce ministère. Loin de s'y astreindre à contre-cœur, il savourait la joie de ramener les âmes à Dieu par sa douce charité.
Mme d'Orion l'a écrit : « Il était comme un ange envoyé de Dieu au confessionnal... il ne trouvait jamais personne de si criminel que lui. » (Le Crom).
Grandet:
« Il tonnait en chaire contre tous les vices, mais il était doux et ferme tout ensemble dans le tribunal ; il avait un don singulier pour toucher les cœurs, tant au confessionnal que dans la chaire. Mais il avait tant d'horreur pour la morale trop sévère qu'il croyait que les confesseurs rigoristes faisaient cent fois plus de mal dans l'Eglise que ceux qui étaient relâchés, quoique ceux-ci en fissent beaucoup. J'aimerais mieux, disait-il, souffrir en purgatoire pour avoir eu trop de douceur pour mes pénitents que pour les avoir traités avec une sévérité désespérante; car, le Fils de Dieu dit que ceux qui sont chargés de crimes et qui travaillent sous le poids de l'iniquité, doivent s'approcher de lui pour en recevoir du soulagement.
Cependant, quoique M. de Montfort passât pour être extrêmement sévère, les grands pécheurs s'adressaient plus à lui, pour se confesser, qu'à aucun autre des missionnaires » (GRANDET, p. 376-377).
2. Stimuler la ferveur pendant la mission par beaucoup d’éclats extérieurs :
→ les activités sociales,
→ la plantation de la croix,
→ la restauration des bâtiments des églises ou des sanctuaires,
→ les processions et la rénovation des vœux du baptême.

√ Activités sociales, par exemple marmites et soupes populaires :
Dinan 1706,
Ile d’Yeu 1711,
Fontenay-le-Comte 1715

Mobilisation des fidèles pour une construction des calvaires ou plantation de la croix :
Montbernage 1705
Vallet 1708
La Chevrolière 1708
Pont-Château 1709
La Rochelle 1711
Sallertaine 1712
Esnandes 1712
Le Beugnon
Bressuire
St. Christophe 1712
St. Lo 1714
Taugon-La Ronde 1715
St. Amand-sur-Sèvre 1715
Fontenay-le-Comte 1715
St. Pompain 1715
Villiers-en-Plaine 1716
St. Laurent-sur-Sèvre 1716

Restauration des bâtiments, des églises ou des sanctuaires :
Temple Saint Jean à Poitiers 1705
La Chèze 1707
Crossac 1709
N.D. de Bon Secours à Sallertaine 1712
Roussay 1714
Fouras 1714
St. Laurent de la Prée 1714
Mervent 1715

Le renouvellement des vœux du baptême – le « saint esclavage » :
Le renouvellement des promesses du baptême était le point culminant des missions de Montfort, comme faisaient aussi les autres missionnaires qui avaient vécu sous l’influence du Concile de Trente.
A ceux qui avaient renouvelé leurs promesses baptismales, le missionnaire remettait un certificat intitulé : contrat d'alliance.
Mais ce qui lui est personnel, c'est de renouveler les vœux du baptême, par la Sainte Vierge; la formule capitale porte les mots: « Je me donne tout entier à Jésus-Christ par les mains de Marie »; et ce texte se retrouve dans la consécration montfortaine. Du reste, à la suite de Bérulle, Montfort ne cesse de répéter que la dévotion du Saint Esclavage n'est qu'une « parfaite rénovation des vœux... du saint baptême » (VD 126).
Inlassablement, dans ses missions, Montfort a prêché son « secret », comme il dit, avec fruit, en public et en particulier, « pendant bien des années » (VD 110).
L'historien Grandet confirme les affirmations du serviteur de Dieu lui-même, en écrivant qu' « il établissait, dans toutes les paroisses où il faisait mission, la dévotion du saint esclavage de Jésus vivant en Marie . » (Grandet, p. 315).
Dans le ministère intime et direct de la confession, Montfort continuait son apostolat marial. Dans sa méthode pour la réception du sacrement de pénitence, il invite le pécheur à invoquer le secours de la Sainte Vierge, afin d'obtenir un regret plus profond de ses fautes; et il le conduit, après l'absolution reçue, aux pieds de Marie pour confier à cette bonne Mère sa persévérance et se donner par elle au Sauveur Jésus.
C’est cela la particularité de son apostolat !
3. Créer des œuvres de persévérance :
L'idée d'organiser des œuvres de persévérance, sans doute, avait existé avant lui ; mais il l'a développée, il a travaillé à sa réalisation avec une telle insistance qu'il semble en avoir été le créateur.
Le Père Le Crom dit: « Là où son originalité s'accuse davantage, c'est dans le choix et l'utilisation des moyens de persévérance ».
Voici ses œuvres de persévérance :

A. Promotion et création des Associations Pieuses
L’adoration perpétuelle du Saint Sacrement – pour les âmes pieuses
L’Association des « Amis de la Croix »
la Chèze 1707,
Nantes 1710,
La Rochelle 1711
La Confrérie du Rosaire - (100.000 personnes enrôlées par lui)
La Chèze 1707,
Vallet 1708,
Ile d’Yeu 1711,
St. Lo 1714,
Fontenay-le-Comte 1715
Anges Gardiens - pour les enfants
Confrérie des «Pénitents Blancs » - pour les hommes
Taugon-la Ronde 1715,
Fontenay-le-Comte 1715,
St. Pompain 1715
« Société de Vierges » ou Confrérie des vierges – pour les jeunes filles
Poitiers 1701,
Taugon-le-Ronde 1715,
Vouvant 1715,
Fontenay-le-Comte 1715,
St. Pompain 1715,
Saint Laurent-sur-Sèvre 1716
St. Michel – pour les soldats
Dinan 1706,
Bréal 1707,
La Rochelle 1711,
Ile d’aix 1714

B. Établissement de la Compagnie de Marie, ou du Saint Esprit, et celui des Filles de la Sagesse.

C. Association sociale comme l’Action Catholique d’aujourd’hui :
Apostolat général: Association des Bons cœurs à Nantes 1710
Apostolat spécialisé:
-  En milieu hospitalier: Association de la Sagesse
à Poitiers 1701,
à Nantes 1710
-  En milieu collégien: il se préoccupait de la jeunesse. Il avait exercé son apostolat près des étudiants.
Association d’écoliers.
à Poitiers 1701,
à Nantes 1710;
- Associations d’étudiantes:
La Chèze 1707

D. Formation d’organisations sociales ou d’œuvres sociales :
1. Petites écoles charitables - établissement des écoles chrétiennes
La Rochelle – garçons 1714,
La Rochelle – filles 1714,
Nantes – garçons 1715
2. Hospices:
Poitiers – incurables 1706,
Nantes – incurables 1710,
Nantes – convalescents 1711

E. Création de Pélerinages :
N.D. des Cœurs à Poitiers 1705
N.D. de la Sagesse à Montfort-sur-Sèvre 1707
N.D. de Pitié à la Chèze 1707
N.D. des Cœurs à Nantes 1710
N.D. de la Victoire à La Garnache 1711
N.D. de Toute Patience à La Séguinière 1713

F. Retour de mission : préparation à la mort.
Le P. Besnard dit:
« Nous avons déjà vu que c'était sa coutume, lorsqu'il avait fait la mission dans un endroit, d'y retourner peu de temps après pour en assurer et en perpétuer les fruits par une retraite, et tous les exercices de cette retraite étaient sur la préparation à la mort » (cfr. Besnard II, 128 - Retraites avec exercice de la mort).
Montfort, avait publié à La Rochelle une brochure intitulée : Dispositions pour bien mourir.
C'était le thème de ses sermons. Le plan supposait toute une semaine de prédications :
le dimanche, développement du premier point, la mort est certaine;
le lundi, la mort est proche;
le mardi, la mort est trompeuse;
le mercredi, la mort est redoutable;
le jeudi, la mort des pécheurs est terrible et abominable ;
le vendredi, la mort des justes est douce et désirable;
le samedi, la mort est semblable à la vie.
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