Biographie Deshayes - BASILIQUE SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT

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Biographie Deshayes

Deshayes
Raconter la vie de Gabriel DESHAYES est une tâche pas facile, il a eu une vie très remplie.
« Gabriel Deshayes est né à Beignon, petite bourgade du Morbihan, près de la forêt de Paimpont.
Ordonné prêtre pendant la Révolution, il vit ses premières années de sacerdoce dans la clandestinité, déjouant, avec audace et bonne humeur, les recherches dont il est l'objet.
Curé d'Auray pendant 15 ans, il oriente son ministère vers les plus pauvres, avec le souci constant de la restauration des valeurs chrétiennes et celui de l'éducation des enfants, surtout ceux des campagnes. Les sourds auront sa préférence.
Élu Supérieur général des Congrégations montfortaines de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, il donne, pendant 20 ans la pleine mesure de son engagement pour tous.
De nombreuses Congrégations religieuses lui doivent leur fondation, leur refondation ou leur développement : les Pères Montfortains, les Sœurs de la Sagesse, les Sœurs de Saint-Gildas, les Sœurs de l'Ange Gardien, les Frères de Saint-Gabriel, les Frères de Ploërmel, les Frères Agriculteurs de Saint-François d'Assise.
Sa confiance en la Providence permet à Gabriel Deshayes d'être sur tous les fronts et de réaliser bien des merveilles ».
         
(Gabriel DESHAYES, Prêtre de la Providence 1767-1841. Frère Jean CHÉORY (fsg), Airelle éditions)
L'enfance ; vers le sacerdoce.
6 décembre 1767Naissance au bourg de Beignon. Il est baptisé le jour même. Son père est cultivateur et boucher de campagne. Sa mère meurt, à la naissance du quatrième enfant, Gabriel n'a pas encore 6 ans.
EnfanceGabriel fréquente la petite école de Beignon. Quand il a appris à lire, écrire et compter, son père lui confie la garde des troupeaux. Durant quelques années, il est berger. Et déjà, on remarque son attention aux pauvres : au mendiant de passage, le jeune Gabriel donne tout ce qui lui tombe sous la main.
Vers 1777
Son père, ayant remarqué l'intelligence et les heureuses dispositions de son fils, le confie à l'abbé Gérard, recteur de Saint-Malo-de-Beignon, qui l'accueille dans son presbytère et lui apprend le français et les rudiments de la langue latine.
Vers 1782
Gabriel Deshayes est admis au petit Séminaire de Saint-Servan, confié aux Pères Lazaristes. Il y fait ses humanités et sa philosophie.
Octobre 1787
Gabriel Deshayes entre au grand Séminaire de Saint-Méen-le-Grand, dirigé aussi à cette époque par les Pères Lazaristes.
6 juin 1789
Gabriel Deshayes reçoit, à Saint-Méen, les ordres mineurs des mains de Mgr Cortois de Pressigny, évêque de Saint-Malo.
27 mai 1790
Il est ordonné sous-diacre, à Saint-Méen.
18 septembre 1790
Ordination comme diacre à Saint-Malo. Il passe ses longues vacances chez son cousin, l'abbé Guillaume, recteur du Verger, non loin de Rennes.
Le jeune prêtre, sous la Terreur (1790- 1805)
12 juillet 1790
L'Assemblée Constituante vote la Constitution Civile du Clergé. Simple diacre, Gabriel Deshayes n'est pas tenu au serment, mais il se fait agent de liaison entre les prêtres réfractaires qui commencent à être inquiétés.
1792
"Allons en Angleterre". Avec deux anciens condisciples de Saint-Méen-le-Grand dont M. Georges, Gabriel Deshayes décide de gagner l'Angleterre. Le mauvais temps le conduit jusqu'à Jersey, où s'est réfugié Mgr Le Mintier, évêque de Tréguier.
4 mars 1792
Gabriel Deshayes reçoit l'ordination sacerdotale des mains de Mgr Le Mintier. Huit jours après, il reprend la route de la France, débarque à Granville et traverse toute la Bretagne à pied, pour se retrouver au Verger.
1792-1801
L'apostolat clandestin : "Grand'Pierre". Sous le pseudonyme de Grand'Pierre, le jeune abbé Deshayes commence son ministère de prêtre proscrit. Avec plusieurs collègues, il parcoure de nuit les campagnes, rassemble les chrétiens dans leurs granges ou leurs greniers pour la célébration de la messe et des sacrements. En de multiples circonstances, il réussit, parfois d'extrême justesse, à échapper aux gendarmes chargés de le traquer ou aux soldats lancés à ses trousses.
9 novembre 1799Bonaparte par un coup d'état met la fin à la Révolution ; la persécution religieuse cesse. Le 15 juillet 1801 le Concordat est signé entre le Saint-Siège et Bonaparte.
10 avril 1801
Les abbés Pierre Peltier et Gabriel Deshayes signalent leur entrée dans l'église de Paimpont-les-Forges, le premier comme curé, le second comme auxiliaire. Gabriel Deshayes y reste deux ans, faisant preuve d'une grande charité et de fermeté doctrinale.
Mai 1803
Le diocèse de Saint-Malo étant supprimé, l'évêque de Vannes, Mgr de Pancemont, nomme Gabriel Deshayes vicaire à Beignon, sa paroisse natale. Désormais, il fait partie du diocèse de Vannes. À Beignon, le vicaire se multiplie comme aux jours de la Terreur. Une épidémie ravage la paroisse : il accourt au chevet des malades. La famine sévit : chaque dimanche, il distribue aux pauvres, en pain et en viande, l'équivalent de son casuel de la semaine.
1804
Tout en conservant sa charge de vicaire de Beignon, Gabriel Deshayes est appelé par son évêque à l'accompagner dans ses visites pastorales. Il prêche le carême 1804 à la cathédrale de Vannes.
Le curé d'Auray (1805-1821)
avril 1805
Gabriel Deshayes arrive dans la paroisse Saint Gildas d'Auray où l'évêque vient de le nommer curé.    Il prend vite la mesure de ses nouvelles responsabilités de pasteur de cette paroisse de 3000 habitants. Un curé social : "Le Saint Vincent de Paul de la Bretagne ". Pour réveiller la foi des fidèles, il lance une mission de deux semaines. Il régularise les situations illégitimes issues de la Révolution française.           
12 août 1807
Ouverture d'une école de filles au "Père éternel", ancien couvent des Cordelières racheté par le Père Deshayes. Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, fondées en 1803 par Mme Molé, y ouvrent leur première maison en dehors de la maison-mère de Vannes.
C'est dans cet établissement qu'à partir de 1818, le père Deshayes organise des retraites spirituelles.
En 1808Le Père Deshayes rachète l'ancien couvent de "La Chartreuse d'Auray" afin qu'il ne soit pas démoli. Il en fait une maison de prières et de bonnes œuvres. Dès 1810, il y accueillera deux ou trois sourdes-muettes qu'il confiera aux Filles de La Sagesse, à partir de 1812. Plus tard il confiera les garçons à M. Humphry, et fera venir ensuite deux Frères de Saint-Laurent-Sur-Sèvre.
1er janvier 1811
"Le Manéguen" : À force d'instances auprès de leur supérieur général, Gabriel Deshayes obtient trois Frères des Écoles Chrétiennes pour sa paroisse. Ce sont les premiers qui reviennent en Bretagne depuis la Révolution. Leur école du Manéguen accueille les garçons de la ville et des campagnes voisines.
En 1813
En 1805, le collège municipal végète à l'arrivée de M. Deshayes à Auray. En 1813, pour en éviter la fermeture, Gabriel Deshayes fait nommer comme principal l'abbé Guillevin, recteur de Saint-Goustan, paroisse voisine de Saint Gildas d'Auray. Celui-ci donne sa démission à l'occasion des Cent-Jours, le 1er avril 1815. M. Deshayes le remplace temporairement, puis confie la direction à M. Humphry, qui conservera cette fonction jusqu'en 1830.
14 novembre 1815
Ouverture de l'école ecclésiastique de Sainte-Anne d'Auray. La direction en est confiée aux Pères Jésuites. En 1818, l'école reçoit le titre officiel de Petit Séminaire de Sainte-Anne. C'est l'abbé Deshayes qui, au nom de l'évêque, assure le rachat de l'ensemble du domaine.
8 novembre 1820
Michelle Guillaume ouvre une école à Beignon (5 mai 1807). Très vite, une autre jeune fille vient la rejoindre, Marie-Jeanne Crosnier. Puis d'autres filles viendront, et ce 8 novembre, six jeunes filles font leur profession religieuse en l'église de Beignon. C'est l'acte de naissance des Sœurs de l'Instruction Chrétienne ou Sœurs de Saint-Gildas.
6 juin 1819
Sous l'impulsion de Gabriel Deshayes, la ville d'Auray s'est rapidement dotée des établissements scolaires indispensables. A plusieurs reprises il rencontre Jean-Marie De Lamenais, vicaire capitulaire du diocèse de Saint-Brieuc. Le 6 juin 1819 les deux prêtres signent un traité d'union qui marque la naissance des "Frère de Ploërmel".
17 janvier 1821Le Père Gabriel Deshayes est élu supérieur général des Congrégations de Saint-Laurent-Sur-Sèvre ; il quitte la Bretagne.
Le Supérieur Général des congrégations de Saint-Laurent-sur-Sèvre
(1821-1841)
1820Le Père Duchesne est élu Supérieur Général des Pères Montfortains. Le 17 décembre, il demande au Père Deshayes de devenir son Assistant.
22 décembre 1820Le Père Duchesne meurt. Après avoir consulté son évêque, Gabriel Deshayes vient à Saint-Laurent.
17 janvier 1821
Gabriel Deshayes est élu Supérieur général des congrégations des Pères de la Compagnie de Marie et des Sœurs de la Sagesse.
Les Pères sont au nombre de 7 prêtres, sans vœux et de 4 Frères Coadjuteurs. Les Sœurs comptent 778 religieuses et novices, réparties en 96 maisons.
Année 1821Gabriel Deshayes reprend la tradition des missions paroissiales. Jusqu'en 1830, il participe lui-même à une dizaine de missions, en particulier à Angers, Luçon, Vannes, Rennes et Saint-Malo. La Révolution de 1830 interrompt pour un temps les missions paroissiales, elles reprendront en 1837.
      Parallèlement aux missions, le Père Deshayes organise des retraites fermées, en continuité avec son expérience d'Auray. Dès 1821, des centaines de femmes font retraite au Petit Saint Esprit. En 1822, les hommes sont aussi accueillis. En 1835, devant l'afflux des retraitants, l'accueil se fait à Haute Grange.
17 mars 1821Les Frères Augustin et Pierre-Marie, novices d'Auray, arrivent à Saint-Laurent-sur-Sèvre, d'autres viendront plus tard. Des jeunes vendéens se joignent à eux, ils seront bientôt 22.
17 septembre 1823
Approbation royale de la nouvelle congrégation des Frères de l'Instruction chrétienne du Saint-Esprit.
22 septembre 1824
Profession religieuse d'une trentaine de frères. Ils prononcent les trois vœux, contrairement à ceux de Bretagne qui ne font que le vœu d'obéissance.
Denombreuses écoles sont ouvertes, les frères enseignants deviennent de plue en plus nombreux : les communautés des pères et des frères sont à l'étroi au Saint-Esprit.  

15 janvier-25mai
1825
Le Père Deshayes entreprend un voyage de 4 mois à Rome en vue de la béatification du Père de Montfort. Le 8 août 1829, le procès en béatification s'ouvre dans le diocèse de Luçon.
1er décembre 18349 Pères approuvent et signent le texte de la nouvelle Règle ; 5 s'abstiennent. Le 5 février 1835, première émission des vœux annuels.
5 février 1835Première émission de vœux des Pères de la Compagnie de Marie.
16 octobre 1835
Les frères enseignants s'installe dans la Maison Supiot qui deviendra "Saint-Gabriel", nom qui sera donné aux frères enseignants devenus une congrégation autonome.

novembre 1839
Au moment où le gouvernement prône les "colonies agricoles", le Père Deshayes  fonde à Saint-Laurent-sur-Sèvre, les Frères de Saint François d'Assise "destinés au  service des pauvres dans les hôpitaux, des maisons religieuses et des presbytères pour  tout ce qui concerne les soins domestiques et les travaux d'agriculture".   Trop occupé avec ses autres congrégations, le Père Deshayes  en confie la direction à l'abbé Fournier, curé de Saint-Martin-de-Saintonge. La maison-mère s'installe à Saint-Genis-de Saintonge.   La nouvelle congrégation ne fut jamais nombreuse et, en 1899, elle fusionna avec les  Pères Salésiens : les frères étaient alors au nombre de 17.
15 décembre 1841
Fatigué par ses nombreux déplacemnts, le Père Gabriel Deshayes, gravement malade, dicte son testament au frère Siméon.
26 décembre 1841
Le Père Gabriel Deshayes reçoit les derniers sacrements
28 décembre 1841
Après dix heures de fièvre ardente et une courte agonie, Gabriel Deshayes expire dans une grande sérénité. Sa sépulture sera célébrée le 30 décembre : il est enterré dans l'enclos de La Sagesse, dans le tombeau qu'il avait fait préparé.
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